Et puis la ville lumière, décollage, scintillement diffus,
lumières brouillées, cloches de brumes sur les poches de vie. Lente ascension.
Sensation de flottement et puis c’est mon propre poids qui m’écrase. Ca y est.
T’es partie, t’as plus le choix maintenant.
Un voyage étrange ; dont je ne pourrai que me souvenir
toute ma vie.
Le rythme se fait languissant, langoureux, le temps comme une paresse qui ne file que goutte après goutte ; comme si tout ici avait plus de… pesanteur. Cultiver l’art de la pause et surtout profiter, ramener un peu de tout ça avec moi, la simplicité du bonheur d’un bon fauteuil sur une terrasse, d’un instant volé à laisser l’esprit vagabonder au-delà.
Retour.
Du mal à atterrir. Je n’ai pas encore touché terre je crois…
C’est étrange ce gout dans la bouche. Métallique.
Se sentir bien. Réintégrer ma vie. Différente. Me prendre à rêver d’épouser un conducteur de chameaux et la vie qui s’en assortit. Me frotter à leur culture et repartir un peu avec, flegme déteint sur moi ; j’ai ramené le soleil dans mes yeux et puis la patience, oui la patience, j’ai grandi putain, en si peu de temps. Je me sens plus riche ; riche du désert dans la pupille et du bleu qui ne se brouille que tous les cinq ans. Riche de la paresse du temps.
Ressentir plus fort, me sentir plus intense. La pesanteur et la légèreté qui m’envolent tout à la fois, l’éloge des regards et puis le sourire et l’attention pour rien. Rien que rien, rien qu’un baise main ou un verre de vin et c’était déjà une évasion, un ailleurs impossible, une intensité risquée qui n’avait que le gout d’une liberté trop éphémère mais sublime et touchante.
Cesser de porter les masques, laisser tomber la vieille
habitude de ne pas exploser ce que l’on est, sortir de soi. Stopper les faux
semblants, de se montrer sure et froide, de jouer à l’assurance. Revenir et
repartir en rêve ; revenir et comme si j’avais enfin compris ce je ne sais
quoi, l’art du temps, l’art de s’abîmer dans de trop rares instants délicieux
qui n’ont d’autre raison d’être que l’instant lui-même. Se laisser porter par
le souffle, vaporeuse, éphémère, l’esprit ensoleillé comme si le jour venait de
s’y lever. Enfin.
Commentaires :
Re:
bah ce voyage c'était un ptit aprecu de l'esclavage... j'ai rencontré pourtant des jeunees sympa qui nous accompagnaient la journée... pour la nuit la musique les nuits blanches heu ben j'avais pas le droit de sortir donc j'en sais rien.
sinon grave de soleil et puis des odeurs et des gouts de dingues, des couleurs et puis aussi la pauvreté qui te guette partout et qui te fait voir notre monde d'occidentaux comme une vaste plaisanterie, mais ça transpire la vie, le calme, la simplicité... le sourire et puis juste l'envie de rendre service...
des bisous à bientot
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Pourquoi donc tu as grandi ?
Les rencontres ? La beauté ? Les nuits ? La musique ? Le silence ? Les odeurs ? Les nuits blanches ? Le soleil ?