24 heures pleines - de promesses non tenues.
J’sais pas bien par où commencer. Y’a eu l’arrivée. Le
volontaire chuchotement pour qu’il rapproche son oreille. Le premier baiser,
étonnamment doux, tendre, excitant, comme tout premier baiser qui se respecte. Et puis rentrer à la maison, les mains dans
les poches, parce que. Non. Moi jsuis pas la fille
à qui on tu tiens la main dans la rue. Le ptit dej improvisé. Le désir qui s’installe,
qui s’invite, qui reste. Qu’on cultive. Il y avait le regard plein de désir dans lequel j’ai voulu oublier
tout le reste, ses fautes de langage et sa grammaire incorrecte. Sa langue, qui
me surprend toujours, comme une réinvention perpétuelle du français. Il y a eu la balade en ville, le baby-sit’, et j’l’ai
même trouvé mignon avec ce tout ptit bébé, même si j’ai jamais réussi à trouver
ça beau un homme qui pousse une poussette. Mais un peu touchant. J’m’attendris, on dirait, jsuis bientôt la fille qui dira que les bébés c'est krô meugnon.
Je cherche plus l’impossible. Il veut me tenir par la main et embrasser mon cul, il est plein d’une affection naïve que j’trouve ridicule ; comme un gosse amoureux pour la première fois. J’ai pas l’habitude. De la gentillesse. De cette tendresse d’ours en peluche, de cette maladresse de gosse de quatre ans. S’il te plait, t’enlises pas trop, quand même. Entre adultes consentants, qu’ils disaient, hein. En vrai j’préfère ta version champ’ et chocolat, parce que c’est quand même un peu aphrodisiaque, l’un, l’autre, et le mélange des deux. Quand tu me le glisses entre les lèvres et que. Juste, la prochaine fois, on l’ouvrira plus tôt, d’accord. Avec moins de fatigue dans les yeux et les membres moins engourdis.
J’suis pas bien sûre que ça va te passer, ce truc de faire l’enfant.
Juste que t’étais trop heureux pour cette fois, et que tu savais pas bien
comment réagir. Mais j’suis plus une gosse. J’aime quand tu me caresses et
quand tu goûtes chaque morceau de moi. J’aime quand t’es plus insistant et que
ta langue vient faire tomber mes dernières réticences. J’aime quand on prend un
café et qu’on a dans les yeux toute la gravité du départ, les mots plus vrais
et la confiance de se partager sincèrement. Voilà. Ce que j’aime, moi. Le silence et le désir.
Et puis
ton pull aussi, j’aime beaucoup. Juste, la prochaine fois, moins courts les
cheveux, et puis ne mets rien dedans, c’est plus classe. Et moins rasé, aussi,
parce que là j’ai quand même l’impression de m’être décapée à l’éponge spontex. Et, arrête de parler.
Je trouve plutôt sexy, en vrai, quand t'allumes ta clope dehors - en silence. Même si.
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