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A vous la parole

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Dimanche (28/06/09)
Sur le départ

J’ai compris, Ben W. On ne peut pas écrire au milieu des gens mais on n’aurait pas de mots sans eux. Toi, surtout. Tu pourrais plus cracher à la gueule de personne. Et moi, j’aurais plus d’histoire de cul à ficher par ici.

 

Je retrouve ma vieille amie la solitude, enfin, habillée par les deux bestioles, quand même. J’en suis à avoir envie de bouffer un pigeon. A faire des tests sur FB pour prédire la date de ma mort. Glauque, un peu ; même si on sait jamais comment l’écrire.

 

Partir aujourd’hui, demain, c’est sans importance. C’est pas comme si j’avais des attaches ancrées quelque part ici, c’est pas comme si je me sentais enracinée à un lieu. Même le soleil déserte, autant aller voir ailleurs s’il y est. Retourner où le réseau, les réseaux se font rares. Re-goûter presque à des temps plus anciens. Retourner jouer à qui tiendra le mieux les faux semblants, à qui les supportera jusqu’au bout.

 

Et sourire en pensant que j’ai qu’à me barrer et les laisser jouer tous seuls sur leur terrain. Ca me fait même plus trop rire, en fait. Plus vraiment. Et puis j’ai envie de faire l’amour, alors, autant aller voir ailleurs s’il y est. Au détour d’un visage amoché croisé au coin d’une rue, t’as une tronche de poissard mec, viens je te refile un peu de ma chance. J’ai pas de plan pour ce week end, mais promis, promis je penserai à toi lundi puisque t’as quelque chose à fêter. C’est doux de rencontrer des sourires collés sur un type de la rue, un type qu’en veut pas au monde entier mais qui roule sa bosse et suit le vent qui le pousse.

 

Toujours ce rapport de séduction, qu’ils me disent. Qui efface le reste. Il me dit t’as ce côté cynique et t’as sûrement le regard plus aiguisé que la plupart des gens, alors pourquoi tu te niaises. Il me dit tu bêtifies ton propos alors que t’as ton regard sur le monde, et je ne comprends pas. Qu’est ce que tu veux répondre. Il y a cette vision ; mais c’est pas un côté pile un côté face, c’est juste que jveux pas passer ma vie à noircir le tableau, et puis si j’étais toujours aussi glauque, j’finirais par m’emmerder moi même. J’sais pas  « être » en société. J’ai aucune idée de la distance que je dois installer. J’sais pas faire autrement que laisser parler celle qui a été bercée aux romans à l’eau de rose et aux poètes maudits, parce que jveux pas me faire flipper.

 

J’ai ancré dans la conscience qu’il n’existe pas d’amour naïf, et je prends le parti de croire que c’est mieux ainsi. Que justement, pour moi, tomber amoureux ça doit pas être devenir con, s’abêtir et sombrer dans des niaiseries enfantines en succombant à la facilité de l’obligation de baiser le même corps toutes les nuits et puis de moins en moins. J’essaie quand même, parfois, pour voir que ça me va mal au teint et mal au cul. J’aime me susurrer qu’il n’y a pas d’amour hollywoodien, et que j’en veux pas dans ma vie. J’te répète que moi jveux du gros, du lourd, un cœur bien saignant, s’il vous plait, et des barbelés pour s’écorcher vifs.

 

Il me dit jsuis toujours aussi infréquentable et j’espère que tu tombes pas amoureuse de moi. Non. T’inquiètes pas, j’prends mes précautions. Et si elle veut un coup de bite, promis, j’suis pas jalouse, t’avais qu’à l’inviter si t’avais envie.

 

Vraiment, pour ça, j’me laisse le temps mec. J’me laisse le temps du manque. Le temps de l’envie, le temps de cet instant où tu m’insupportes et où j’aimerais te faire ravaler tes phrases, en faisant le grand plongeon dans tes yeux. J’te laisse le temps de te dire qu’il n’y a rien de plus imaginaire qu’un amour naïf, je te laisse le temps d’arrêter de croire que t’aimeras deux fois de la même façon. La preuve tu la traites de salope, c’est bien qu’elle t’inonde encore, la garce.

 

Tu vois moi j’en veux à personne de ne pas avoir réussi à m’anéantir. J’en veux à personne parce que j’ai laissé à personne l’occasion de le faire, même si j’sais pas dire pourquoi je préfère qu’on me prenne pour un flan. J’te dis t’es bizarre de me parler de ça maintenant et tu me réponds bah non tu pars demain pour deux mois. C’est donc ça qui t’inquiète, alors. J’devrais dire que c’est touchant.


Ecrit par Perfect-plank, a 16:57 dans la rubrique Actualités.
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Jeudi (25/06/09)
Le romantisme est mort
Romance Is Dead - Killing With a Smile - Parkway Drive

Voir des gens. Sortir. Ne pas trop avoir le goût de. Est-ce que c’est ça, vieillir ? Je suis la mémé avec chien et chat, qui vit dans l’appart de la concierge. Celle qui comble comme elle peut. Qui s’entoure de Lassie chien fidèle, pour être sûre d’au moins pouvoir y compter. Y’en a qui font des bébés toutes seules, moi j’m’arrête au chien, faut quand même pas déconner.

 

Y’a les rêves qui m’interpellent. Une prison ; enfermés, lui et moi, il me dit « j’ai envie de niquer » je réponds « d’accord ». Le romantisme se meurt jusque dans mes songes… Et puis, je comprends pas vraiment, pourquoi lui, pourquoi c’était même pas bon en rêve alors que j’aurais pu imaginer des folies, pourquoi j’ai installé un dispositif pour qu’il voie tout et qu’il puisse m’en vouloir. Je rêve de sexe sans tendresse sous ses yeux, avec un de ses meilleurs amis, et je m'en fous. Si ça, ce n’est pas avoir l’esprit tordu.

 

Entendre des « j’espère te revoir bientôt » et des « t’es toujours aussi mignonne » qui ne sortent pas d’entre les bonnes lèvres. J’aimerais qu’on me chuchote des mots sucrés et tout ce que j’entends, ce sont les borborygmes de l’alcool. Faut voir, Dr Jekyll et Mr Hyde, mais après tout je pars pour trois mois, alors autant s’enterrer tout de suite, pas vrai ? On cache nos désespoirs comme on peut, tous autant que nous sommes. On s’ensevelit tous sous des couches multiples, une dose de rire, une dose de sociabilité, une dose d’alcoolisme, une dose de cynisme. Et en dessous, vaut mieux pas chercher à savoir, on y risque trop, puisque ce n’est pas la peau qui est mise à prix.

 

Les scooters continuent de s’installer sous mes fenêtres en matant généreusement à l’intérieur, c’est ça, gros porc, je sais bien que je devrais arrêter de me promener à poil, mais rien que de voir ta tronche dégoulinante et d’imaginer tes mains pataudes, je me fends la poire. J’ai envie de t’empoigner la tête et de la presser si fort qu’elle resterait coincée dans l’entrebâillement, pour que tu puisses encore et encore plonger ton regard malsain entre mes cuisses.

 

Il m’a dit j’ai cru comprendre que t’aimais bien écrire, alors si t’as des idées, vas-y. Ouais. Mais moi j’fais dans le sonore et le dégueulasse, j’fais dans ce marasme sombre qu’on se trimballe sous le mille-feuille. J’fais gaffe, faut pas croire, même quand on me dit moi jsuis métalleux, tu devrais faire attention T’en fais pas, j’fais gaffe. Mais toi, toi j’suis pas si sûre que tu sois blindé jusqu’au cœur, alors t’emballe pas trop. J’voudrais pas souffler parce que c’est pas jouer, tu vois. J'voudrais pas t'avoir entre les mains.


Ecrit par Perfect-plank, a 11:10 dans la rubrique Actualités.
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Jeudi (18/06/09)
Frénésies

En perpétuel décalage, un temps d’avance, un temps de retard, on n’a pas dû se fixer sur un même rythme. Jouer à l’éponge et absorber toutes ces belles intentions. Il est touchant dans ses maladresses, on touche à l’excellence dans sa confusion, malgré tout ; on frise le génial dans son imbruglio difficile à suivre. Des générateurs, qu’ils disent. Ouais, des générateurs.

 

C’est cette sensibilité retrouvée, et le sentiment d’être piquée à vif. Parce que dans les rêves qu’ils nous montrent, on se ressaisit des envies.

 

J’ai cru entrevoir des mots d’amour entre ses lèvres. J’ai lu dans ses baisers autant de, je veux, je te veux, je veux tout, tiens, prends moi toi tout entiers.

 

On ne parle que d’architecture, il parait. C’est une grosse part de nous-mêmes, alors on partage, on se tranche par le milieu et on vous fait voir. On partage, plaise ou non, ce qui nous anime ; et s’il me tire de mon sommeil pour me glisser des tendresses, je suis d’accord.

 

Ne plus tellement savoir qu’en dire, après tout. Et puis il y a cette main qui revient toujours, systématiquement, cette main qui revient dans la mienne.

 

Y’en a qui disent qu’ils n’ont qu’à passer des coups de fil. Moi je bois des demis en terrasse, et j’attends avec la même frénésie qu’un gosse à Noel qu’on finisse par me servir une moitié de visage sur un plateau. Cette ambiance dans la chaleur électrique, à la fois plus pesante et plus légère. C’est comme cette poignée de cerises offertes avec un grand sourire, pourtant c’est un jour comme autant d’autres. Dire bonjour à n’importe qui, ça compense les politesses qu’on esquive, pas vrai ?

 

On n’en demande pas beaucoup plus. Le soleil colle aux jupes trop courtes et s’attarde aux balcons des peaux dévêtues, on se chauffe au rayon, ça fera deux euros et cinq centimes, merci, au revoir.

 

Et même les gosses se mettent à détester les pigeons.


Ecrit par Perfect-plank, a 12:32 dans la rubrique Actualités.
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Lundi (08/06/09)
Hasards

Y’a plus de place aux utopies, on dirait bien. Au hasard d’un prof aux dents noires croisé dans le train, au hasard d’un de ces types qui devraient, justement, croire qu’on peut faire changer les choses, bah en fait, rien. Rien, le vide de sa future voiture je ne sais combien de chevaux, faut voir, le mec. Gentil, cela dit. Gentil. Mais c’est son rôle à lui aussi, d’y croire. Même s’il aime les tigres et les lions. Si ces gars là ils croient en rien, c’est normal.

 

Tu vois, il m’avait dit que je lui avais brisé le cœur. Il m’avait dit que je l’avais rendu malheureux, que je lui avais fait mal. Il a versé des larmes sur notre histoire, et il passe, déjà, déjà à autre chose. Je ne suis pas jalouse, j’ai ma propre vie, mes propres bonheurs maintenant, mais je constate le décalage. Je suis ravie pour lui, réellement. Simplement, on ne dit pas être à six pieds sous terre quand deux mois plus tard on se relance dans une nouvelle aventure. Parce que, là, on ne peut plus être pris au sérieux. Tout n’est pas un drame. Une histoire ratée n’est pas forcément un échec ni une mise à mort. C’est simplement une rature, un nœud de plus sur le fil. Peut être que j’avais pas l’air suffisamment en deuil de notre tentative, j’en sais rien ; mais j’étais sincère. Ca n’a pas marché, je suis passée à autre chose ou plutôt j’y suis revenue, voilà. Je ne lui ai pas dit, parce que ça ne me semble pas important dans le rapport qu’on entretient l’un à l’autre. Merci d'aller bien, quand même. Ca m'évite cette sensation de tout détruire sur mon passage ; ça me permet, pour cette fois, de me dire que je n'ai rien brisé.

 

Ca ne me sert à rien, une guerre virtuelle. Chacun campe sur ses positions et juge du haut de son personnage celui de l’autre. C’est pas des personnes, ici. C’est des personnages. C’est des vies imaginaires nourries au réel, qui tètent la vie de ceux qui les alimentent. C’est des extrêmes de ce qu’on aurait voulu ou non être. Ca rime à rien, de régler ses comptes ici, dans nos univers exacerbés.

 

J’ai plus rien à écrire, en fait. Il ne claque pas des doigts, et pourtant il est là. Comme un filet de sécurité, tu vois, juste là, quand il faut, pour que je ne me blesse pas. Et inversement, je crois. Ca me convient.

 

J’ai plus rien à écrire parce que j’ai trouvé un équilibre, et qu’il ne me parait pas tellement précaire, pour une fois. Ici, c’est nourri de mes colères et de mes peurs, c’est nourri de vengeance et d’envies de tuer. Ici, c’est nourri du passé qui déborde au présent et à l’avenir. C’est nourri des doutes et des désespoirs, c’est nourri du trop plein. Y’a pas de trop plein. Je suis bien, bien en vie. Il suffisait d’en rire. D’arrêter de la prendre au sérieux, cette vie là. Jveux bien mourir d’amour, mourir de rire, mais surtout pas mourir d’horreur. Jvoudrais pas mourir d’avoir passé ma vie à l’attendre, jvoudrais pas mourir d’avoir dépensé ma vie à ne pas la saisir.

 

Et ce soir, c’est moi qui claque des doigts. Chacun son tour.

Ecrit par Perfect-plank, a 16:52 dans la rubrique Actualités.
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Jeudi (28/05/09)
A toi.